M u s i c

A b o u t

From Afar

« J’ai eu la chance de commencer par ce son majestueux et enrobant de l’orgue, et son côté mécanique fascinant »…

Enrobant est un qualificatif qui peut convenir à la musique de Katcross, mais elle est certes moins onctueuse que ce son d’orgue d’église, que Catherine Cros apprit toute jeune à maîtriser, avec déjà, sans doute, l’envie d’en pervertir la musique séculaire pour y insuffler un peu de l’énergie iconoclaste qui bouillonnait en ses veines d’adolescente.

La musique était déjà le moteur des émotions de cette frondeuse qu’un méchant croche-pied du destin allait contraindre à vivre autrement. Plus encore, dorénavant, il allait lui permettre d’emprunter tous les chemins de ses envies. L’histoire est racontée avec pudeur et précision dans le joli clip de la chanson phare d’un album précédent, “I Am The Machine” : 14 ans, une sortie scolaire au ski, l’accident, la paraplégie, le fauteuil…

Après l’orgue d’église, le conservatoire en piano, un peu de jazz, mais toujours chevillé au corps ce besoin de faire sortir toutes ces musiques écoutées (le rock, l’électro), infusées dans un projet personnel. Tellement personnel qu’il est incarné dans l’artiste qui le crée : elle monte un label pour se produire, trouve des dates, gère, organise, rencontre…

Car la rencontre est aussi le carburant thermique de l’aventure. Avec Tricky, d’abord, qui est séduit par sa musique et invite Katcross à voisiner, sur sa compilation personnelle pour la série Back To Mine, avec The Cure, Chet Baker, Le Tigre, Dr. John, The Beat, Eric B & Rakim, Morphine, Buzzcocks, Kate Bush et Gregory Isaac. Excusez du peu. Nous sommes alors en 2003, Katcross commence à peine et on a rarement vu un adoubement aussi désintéressé.

L’autre rencontre qui compte, c’est celle de Mat, et c’est au Canada que se scelle avec lui le désormais binôme créatif. Il vient du garage et du rockabilly, manie sa guitare et ses machines avec une énergie punk, et comme en langage numérique un et un font un, l’entité Katcross devient une et indivisible.

En octobre 2014, Katcross propose le EP Bridge The Distance, qui définit encore les contours de son territoire musical, entre incantations électro-clash, réminiscences de KaS Product, et scories de guitares incontrôlables. L’avantage des vraies rencontres, c’est qu’elles ne sont pas fugaces mais pérennes, aussi Tricky invite le groupe à se produire avec lui à plusieurs reprises, en première partie. Et puis surtout, il lui ouvre les portes de Bristol, terre promise d’un son qui a révolutionné la musique dans les années labélisées trip hop. C’est donc là que Katcross enregistre l’album Downloading Time, avec à la console Jim Barr, bassiste de Portishead et du groupe de jazz mutant Get The Blessing, dont les cuivres s’invitent sur l’album des toulousains. Leur batteur, Clive Deamer, également batteur de Radiohead et de Robert Plant, déclare sa flamme et sa mise à disposition pour venir jouer avec Katcross dès que cela lui est possible. Il sera là, à nouveau, dans le futur, pour ajouter sa pulsation organique aux machines vintage du duo.

Suivra Girls Can Fly, un album qui revient à l’épure de l’échange entre Mat et Kat. Sans instruments additionnels, sans artifice, tout entier imaginé pour être retranscrit live, avec l’abatage qui les caractérise. Un album au plus proche d’eux-mêmes, et une nouvelle fois autarcique, comme l’est l’histoire de ce groupe. Girls Can Fly est plus rock, avec les guitares en colonne vertébrale, et toujours ces chansons signifiantes. Ces textes qui ne sont pas de simples “patterns de mots” comme c’est souvent fréquent dans les musiques à tendance électronique, mais de véritables histoires, avec des choses à lire entre les lignes, et puis des refrains qui claquent, des sons sensuels ou dangereux, une pulsion solaire qui fait de leur électro rock un choc renouvelé à chaque écoute.

Les temps qui suivent sont menaçants : une pandémie planétaire, dont le nom est trop connu et le genre fluctuant, efface la tournée prévue et dissimule la sortie du disque, puis un grave épisode de santé cloue Kat sur un lit d’hôpital tandis que ses acolytes commencent à enregistrer ce qui va devenir From Afar. Un disque accouché dans la noirceur, donc, chaotique dans sa mise en route, mais qui recèle ses éclats de lumière, à travers des mélodies infectieuses, des beats fiévreux, des arrangements surprenants d’inventivité. “Operator”, “Unaware” (le premier single, clippé par Mat lui-même, dans une allégorie gracieuse au mouvement empêché, libéré par un effet de miroir), “Dream Catcher” ou “One Shot” rivalisent de sonorités hypnotiques et nerveuses, mises en scènes comme dans un film d’action, le tout mâtiné de mélancolie…

Si Kat exerce aussi ses talents de compositrice pour la publicité et la danse contemporaine, entre deux interventions pour la visibilité des artistes à mobilité contrariée, elle reste fondamentalement incarnée dans le projet Katcross et ce From Afar qui vient rebooster la mission, toujours farouchement indépendante, de cet electro rock de guérilla. Ces chansons aux ferments pop qui une fois amenées sur scène voient leur pâte malaxée, travaillée par l’électronique, pour rendre incandescent le dance floor.

De Loin, le titre de cet album, est un pied de nez à la réalité : Katcross reste au plus près d’un electro rock vibrant et chaleureux, lyrique et passionné.

J.E Perrin

From Afar

The journey began with the majestic, enveloping sound of the organ and its mesmerizing mechanical precision. « Enveloping » perfectly captures Katcross’s sonic signature, though far removed from the sacred church organ that Catherine Cros mastered as a young girl—already harboring dreams of subverting secular music, infusing it with the iconoclastic energy coursing through her adolescent veins.

Music was already there: the emotional engine that sparks new trajectories when destiny demands we live differently. More than that, it became her vehicle to grasp every dream, every utopia. While gathering ashes and nascent desires, the beautiful chaos and paternal influences crystallized into « I Am The Machine »—marking Katcross as serious business, channeling overwhelming personal visions into focused artistry.

This is deeply personal art, incarnated in the artist who creates it. She built her own label, books shows, manages, organizes, connects… Because connection fuels this adventure. Enter Tricky, seduced by her music, inviting Katcross into his personal compilation for the « Back To Mine » series alongside The Cure, Chet Baker, Le Tigre, Dr. John, The Beat, Eric B & Rakim, Morphine, Buzzcocks, Kate Bush, and Gregory Isaac. Quite the company for 2003, when Katcross was just beginning—rarely has endorsement been so generous.

Another pivotal connection: Mat, sealed creatively in Canada. From garage rock and rockabilly roots, he wields guitar and machines with punk energy, speaking the digital language where one plus one equals one. The Katcross entity becomes unified and indivisible.

October 2014 brought the « Bridge The Distance » EP, defining their musical territory with almost androgynous contours: sultry basslines echoing Kas Product, meticulous layering that embraces the reasons behind constrained dreams. Taking calculated risks, they crossed paths with recognized artists during fleeting encounters.

Tricky invited them back repeatedly as support acts, ultimately opening Bristol’s doors—the promised land where trip-hop revolutionized music. There, Katcross recorded « Downloading Time » with Jim Barr (bassist of jazz mutants Get The Blessing) at the console, whose brass section completed the Toulouse duo’s album.

Clive Deamer (Radiohead drummer, ex-Robert Plant) pledged his rhythmic fire, contributing his timeless power to Katcross whenever possible. He’ll return for future projects, adding savage pulsation to already unleashed machines.

« Girls Can Fly » followed, returning to the pure essence of Mat and Kat’s exchange. No additional instruments, no artifice—just raw authenticity that channels their core energy. More than we might dare say, « Girls Can Fly » carries cinematic authenticity with meaningful songs. These aren’t simple « word patterns » common in electronic music, but genuine stories with subtext, coupled with striking choruses, sensual or dangerous sounds—a solar pulse making their electro-rock a renewed shock with each listen.

Then came threatening times: a global pandemic erased tour plans and delayed releases, followed by a serious health episode that hospitalized Kat while her collaborators began recording what would become « From Afar. »

« From Afar » emerges from darkness, chaotic in its trajectory yet revealing brilliant flashes through infectious melodies, feverish beats, and surprising arrangements. Operations like « Unaware » liberated by mirror effects, « Dreamcatcher, » and « One Shot » rival hypnotic and nervous sonorities, staged like action film sequences, all steeped in melancholy.

If Kat also exercises her compositional talents for advertising and contemporary dance, between interventions for artists with limited mobility, she remains fundamentally embodied in the Katcross project and this « From Afar » that never truly departed. Kat, always fiercely independent, crafts electro-rock guerrilla anthems. These fermented pop songs, once brought to life on stage, work through electronics to make the dance floor incandescent.

« De Loin » (From Afar), this album’s title, thumbs its nose at reality: Katcross stays closest to vibrant, warm electro-rock—lyrical and passionate.

J.E Perrin

V i d e o s

E s p a c e  P r o

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